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Comment GDF a remis en selle des jeunes de ZUS, sortis du système scolaire

01/12/2008

Propos recueillis par Nadia Moulaï

 

salomon2.jpgRetour sur la campagne d’apprentissage menée par GDF en 2008 avec le cabinet de recrutement spécialisé Mozaïk-RH. Michel Salomon, en charge du dispositif à GDF, répond à nos questions. Au cœur de l’opération, des candidats déterminés et une classe pas comme les autres.

  

GDF a mis en place « une classe passerelle » tournée vers l’apprentissage, en lien avec Mozaik-RH. En quoi consiste t-elle ?

 

Gaz de France soutient la formation par voie d’alternance depuis de nombreuses années, la considérant comme une composante importante du renouvellement des compétences de l’entreprise. C’est surtout l’occasion d’offrir aux jeunes de tous horizons et de tous niveaux scolaires (du bac pro au diplôme d’ingénieur), la possibilité de s’engager positivement dans la vie professionnelle. Nous portons une attention particulière à certaines formations qui mènent plus particulièrement à des métiers pour lesquels nous avons des difficultés à trouver des candidats. Le Bac pro TMSEC (technicien de maintenance des systèmes énergétiques et climatiques) fait parti de ceux-là.

 

Pour la seule région parisienne, 27 offres de formation à ce diplôme ont été mises en ligne sur notre site de recrutement. Grâce à l’expérience acquise les années précédentes, nous savions qu’il nous serait difficile de satisfaire l’ensemble de ces offres.

 

Parallèlement, Gaz de France s’est engagé dans son accord d’entreprise à rendre accessibles ses offres d’apprentissage aux populations pouvant avoir des difficultés d’information, notamment les jeunes issus des Zones Urbaines Sensibles (Zus). C’est dans cet esprit que nous avons souhaité monter une passerelle « métier » en partenariat avec Mozaik RH, le Conseil Régional d’Île-de-France et le CFA « en mouvement » avec l’appui du Lycée Louis Blériot. L’objectif de ce dispositif est de remettre à niveau des jeunes sortis du système scolaire et de leur permettre de se porter valablement candidats à nos offres. Le dispositif prévoit une préparation en douze semaines.

 

Mozaik RH a conduit pour nous le pré-recrutement. Au final, douze jeunes ont intégré ce dispositif, huit ont rejoint l’une des offres prépa Bac TMSEC, un a signé un contrat à durée indéterminée et un a été réorienté. À noter, pour les candidats engagés dans le processus, que ce type de formation les oriente vers des postes de techniciens, notamment ceux du domaine de l’intervention sur les ouvrages gaz.

 

Quelles sont spécificités des candidats proposés par Mozaïk RH ?

 

Le partenariat a consisté, sur la base d’un cahier des charges que nous avons défini, à ce que Mozaïk RH grâce a sa connaissance du terrain et des relais « jeunes », nous propose le plus grand nombre de candidats, parmi lesquels seraient sélectionnés ceux intégrant le dispositif. Une première constatation sur ces jeunes, âgés d’une vingtaine d’années : leur motivation. Dès le début, ils nous ont dit « nous voulons réussir ensemble ». Pour les avoir rencontrés régulièrement, j’ai ressenti cette envie de s’en sortir et d’aller vers l’emploi. Nous ne leur avons pas fait de cadeau, le processus a été long et contraignant. Leur volonté a pu se vérifier durant ces douze semaines intensives. Les professeurs, eux-mêmes, ont souligné leur enthousiasme. Vraiment, leur point commun, a été leur désir de s’en sortir. Mon grand bonheur, c’est de voir que ceux qui ont été jusqu’au bout du processus sont aujourd’hui sur une bonne voie.

 

GDF est fortement impliqué dans la promotion de l’égalité des chances. Pourquoi avoir choisi l’apprentissage comme moyen d’action ?

 

Le plus souvent, nous sommes face soit à des jeunes qui n’ont pas le niveau de diplôme requis pour être embauchés, soit qui ont une expérience professionnelle sans rapport avec les métiers que nous sommes susceptibles de leur proposer. Dans ces cas, l’apprentissage est une voie possible de prérecrutement. D’où la mise en place « d’une classe passerelle ». C’est une possibilité de remettre en selle des jeunes éloignés du système scolaire par le biais de l’apprentissage.

 

GDF est une grande entreprise française. Qu’est ce que ça lui apporte de passer par un cabinet de recrutement de taille modeste, dédié à la diversité, comme Mozaik-RH ?

 

Comme je le disais précédemment, leur connaissance des acteurs de terrain. C’est eux qui savent créer les liens utiles, avoir les bons contacts. Nous avons aussi organisé ensemble une journée « speed-recruting » très satisfaisante. Ce que l’on a mis en place cette année est reproductible et utile dès lors que l’on y met le même sérieux. Nous savons qu’il y a des talents dans les quartiers. Mais ces jeunes n’ont pas toujours accès à l’information que nous diffusons. À nous de provoquer les rencontres autrement. C’est là qu’un cabinet de recrutement spécialisé comme Mozaik RH joue un rôle primordial et complémentaire au nôtre. Pour l’année à venir, j’aimerai pouvoir déployer ce dispositif à d’autres régions.

Cherche 2 000 jeunes talents dans les quartiers

18/11/2008

Par Marlène Schiappa

Vous avez un diplôme bac+4 et moins de 30 ans ? Vous faites alors partie des gens que recherche « Nos Quartiers ont des talents ». Ce dispositif permet chaque année à de nouveaux jeunes des « quartiers » de se faire coacher par un des 950 parrains de l’opération, cadres ou chefs d’entreprise en activité. « Le 18 décembre, nous fêterons notre 1 000e parrain », se réjouit Rachida Oubejja, chargée de communication de l’association

Le rôle d’un parrain ? Mettre son réseau au service du filleul afin de l’aider dans sa recherche d’emploi. Ainsi, les filleuls ne sont pas répartis par tirage au sort : « Nous cherchons toujours à mettre en adéquation les domaines d’activité des parrains et des filleuls : un diplômé en marketing avec un responsable communication-marketing, un diplôme en recrutement avec un DRH... Avec un bon réseau et des contacts, on trouve toujours plus facilement du travail. Or, c’est le réseau qui fait défaut aux jeunes des quartiers. » Un vrai coup d’accélérateur pour la recherche d’emploi : en moyenne, en 6 mois, les filleuls décrochent un job !

« Nos parrains apprennent aussi aux jeunes à maîtriser les codes de l’entreprise », assure Rachida Oubejja. Catherine Barba, marraine de plusieurs jeunes dans le domaine du Web, nous expliquait qu’un bon relooking s’avérait parfois suffisant : « J’avais rendez-vous avec une jeune fille qui voulait travailler chez L’Oréal. Elle arrive et, oh, surprise ! Elle était gothique. » Impensable alors d’être embauchée dans le secteur du luxe ou de la beauté.

Ceux et celles qui profitent pleinement des échanges avec leur parrain réussissent même à créer leur propre réseau. « Nous organisons aussi des rencontres avec les recruteurs, divers événements tout au long de l’année, nous proposons une CVthèque en ligne, consultée par les 400 entreprises partenaires de l’opération, des séances de coaching collectif, des découvertes de métiers, des rencontres avec des recruteurs... »

Toute l’opération fonctionne sur la base du volontariat et du bénévolat : Les futurs parrains peuvent inscrire en ligne ici. Pour bénéficier du programme, l’inscription est tout aussi gratuite, et se fait ici.

Avec la présidente du MEDEF Laurence Parisot comme Présidente d’honneur et le président de Neocles, filiale d’Orange Business Services, Yazid Chir, comme Président, les entreprises sont sur la ligne de départ du recrutement. Elles n’attendent plus que vous !

« Un conseil aux jeunes de banlieue qui cherchent du travail : Contactez-moi ! »

13/11/2008

Par Marlène Schiappa

1052574789.jpgSur Facebook, vous pouvez entrer en contact avec Alain Juppé ou Arnaud Lagardère en quelques clics. Les offres d’emploi informelles foisonnent et les groupes professionnels sont de plus en plus nombreux. Mais est-ce vraiment efficace ? Arash Derambarsh, le médiatique « Président » de Facebook, nous répond

Vous avez sûrement déjà vu et entendu quelque part le télégénique et charismatique « président de Facebook », Arash Derambarsh, puisque lui-même avoue que « Seul Jérôme Kerviel a pu stopper mon plan média » tout en précisant qu’il n’est pas « dans le coup d’éclat permanent ». À la fois directeur de collection dans l’édition, étudiant en droit et criminologie dans le but de devenir avocat, et ancien candidat à la Mairie de Courbevoie, Arash Derambarsh est bien placé pour parler du recrutement sur Facebook. Il explique au Business Bondy Blog pourquoi ce réseau social est une chance pour les jeunes de banlieue et comment il peut faciliter la recherche d’emploi…

Arash Derambarsh, vous êtes un self made man, issu de la diversité…

… Non, pas du tout, je ne suis pas dans la part « diversité ». La France est un pays, entier, je n’aime pas faire du communautarisme. En revanche je suis pour la discrimination positive, les affirmative action des États-Unis. Pour l’aspect travailleur, j’ai redoublé 4 fois durant ma scolarité, ce qui fait ma force, c’est ma volonté.

C’est-à-dire… ?

C’est « L’œil du tigre » ! [ndlr : le nom de son blog] Mon père est réalisateur, ma mère est photographe, mon frère jumeau Sia est parti aux États-Unis… Et quand j’étais étudiant, pour gagner ma vie, j’organisais des soirées avec le tout-Paris. Ca m’a donné une grande rigueur dans le travail et dans la gestion du carnet d’adresses. Aujourd’hui, mon réseau est très puissant. C’est comme ça par exemple que j’ai organisé la grande soirée Obama avec la fille adoptive de Jacques Chirac, Mohamed Dia et d’autres… Si je ne peux pas rentrer par la grande porte, je rentre par la fenêtre. Par exemple, quand je me suis présenté pour la première fois à une élection, (aux législatives de 2007) j’ai obtenu 1% ; aux dernières municipales [ndlr : Arash Derambarsh était un des benjamins de l’élection, candidat Divers droite à Courbevoie] 4.4% : j’ai triplé mon score. En 2014, pour les prochaines municipales, je ferai encore mieux. C’est ça, l’œil du tigre.

C’est ce que vous avez fait par exemple en vous faisant élire Président de Facebook ?

Au moment de cette élection, Facebook était peu populaire en France. Je portais un message rassembleur sur la culture française et la francophonie (à l’époque, c’était un site exclusivement anglophone) et contre la cybercriminalité. Trois activités me tiennent à cœur : l’édition est mon pilier gauche, le droit est mon pilier droit, et le pilier central, ma passion, c’est la politique. J’ai un parcours très cohérent, quand on regarde bien. Ça m’a permis de briser des plafonds de verre médiatiques : dès l’âge de 18 ans, on parlait de moi dans les journaux locaux, ensuite Le Parisien ou VSD ont commencé à la sortie de mon livre, mais avec cette élection, j’ai été invité au Grand Journal de Canal +, (lien vers l’émission), sur Europe 1… Mais attention, c’est une présidence virtuelle : je suis sérieux, mais je ne me prends pas au sérieux.

Vous avez donc reçu, j’imagine, beaucoup de demandes d’aide ou d’embauche ? En tant que recruteur, vous servez-vous beaucoup de Facebook ?

Oui, il y a des gens qui me sollicitent, je réponds toujours quand je peux donner un coup de main ou orienter les gens vers les bons interlocuteurs. Mon compte Facebook (lien vers son profil) est ouvert en permanence dans un onglet, comme un mail. Moi-même je m’en sers pour recruter par exemple des stagiaires. Je regarde les profils, je reçois des candidatures…

Vous pensez que cette pratique va se généraliser ? On pourra bientôt postuler via Facebook ?

Peu de recruteurs le font [ndlr : les milieux « parisiens » et les métiers des médias, des RH et de la communication y sont surreprésentés] mais c’est culturel. Aux États-Unis, c’est entré dans les mœurs, mais en France, on est formaliste.

Quel est l’intérêt de Facebook pour des jeunes de banlieue sur le marché du travail ?

C’est une chance exceptionnelle, qui nous met tous sur un pied d’égalité : les contacts se nouent plus facilement, tout le monde est à la portée de tout le monde.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui voudrait se servir de Facebook pour se faire embaucher ?

Me contacter. Être le plus sincère possible, et être simple, honnête. Si on veut contacter des grands patrons ou des célébrités, il ne faut pas les effrayer.

 
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